• Voici l'homélie que notre aumônier devait faire au cours de la messe s'il n'avait été empêché de venir pour des raisons de santé:


    votre commentaire
  •  

     

    Sainte  TRINITÉ 2016 – 22 MAI – SAINT HERBLON (C)

     

                                             Jean 16/12-18    L.C.E.

     

     

     

                           À L'IMAGE DE DIEU TRINITÉ, SOYONS :

     

                        CRÉATEURS, SAUVEURS, RASSEMBLEURS.

     

     

     

    La Sainte Trinité... Bien souvent cela nous paraît compliqué, abstrait... et alors nous nous consolons rapidement en nous disant que c'est un mystère. Oh ! Certes nous croyons en la Sainte Trinité, mais cette vérité est-elle pour nous une vérité suffisamment réfléchie,  suffisamment intériorisée... Est-ce surtout une vérité dont nous vivons au point qu'elle transfigure toute notre vie ? …

     

     

     

              Notre époque est un peu l'époque de la contestation. Nous contestons tout y compris ce que nous avons reçu au catéchisme... Pour nourrir notre foi, pour grandir spirituellement, nous ne pouvons, en effet, nous contenter de formules apprises par cœur dans notre enfance et répétées depuis machinalement… Pourtant, il faut bien le reconnaître, nous en sommes souvent restés  aux  balbutiements de la foi… Souvent nous répétons machinalement des formules qui ont toute leur valeur, mais auxquelles nous ne prêtons pas assez attention...

     

     

     

              Tenez, le signe de la Croix, par exemple… Combien d'entre-nous pensent que ce geste a pour but d'honorer la Sainte Trinité ? ...Combien pensent que ce geste tracé sur notre corps rappelle notre appartenance au Dieu créateur... Notre admission au titre de fils dans la grande famille de Dieu et… notre volonté de vivre selon l'Esprit que Dieu nous envoie… Oui, le signe de la Croix est un geste simple, qui nous parle de la Trinité… Nous pourrions aussi parler des sacrements… Au jour de notre baptême, nous avons été baptisés au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit… Dans le sacrement de la réconciliation, nous sommes pardonnés au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit…

     

     

     

              Notre célébration eucharistique elle-même est placée sous le signe de la Croix… sous l'invocation à la Sainte Trinité : Nous sommes rassemblés au nom du Père, du Fils et du Saint esprit… Nous terminerons notre eucharistie de la même façon, en recevant la bénédiction…

     

     

     

              Alors, ce Dieu trinité, que nous célébrons ce matin est-ce aussi important qu'on le dit ?... N’est-ce pas une croyance inventée par l’Église, une vérité étrangère à la Bible ?

     

     

     

             Non, il s'agit de l'amoureuse confidence du Christ... C'est Lui qui nous a parlé d'un Dieu Père qui est créateur... Ce Dieu Père a créé le monde et tout ce qui vit sur terre et dans le ciel… Il a fait l'homme à son image… C'est Lui, Jésus, qui nous a montré à travers sa vie et son message, un Dieu Fils qui est Sauveur… Ce Dieu Fils a partagé notre condition humaine, Il nous a aimé à en mourir... Il est l'envoyé du Père, Il ne fait qu'un avec le Père, Il nous relie au Père… Son amour a vaincu la mort, il est ressuscité et vivant... Jésus nous a parlé d'un Dieu-Père-créateur, Il nous a montré un Dieu-Fils sauveur, Il nous a envoyé un Dieu-Esprit qui est rassembleur… Ce Dieu-Esprit nous donne son amour et nous fait vivre de la vie même de Dieu.

     

     

     

              Dieu-Père... Dieu-Fils... Dieu-Esprit, la Trinité... 3 personnes, un seul Dieu... Ce n'est pas simple, ce n'est pas évident à assimiler... Nous ne comprenons pas tout le mystère... Nous ne comprenons pas toute la confidence que Jésus nous a faite par amour… Et pourtant nous ne saurions la mettre en doute, nous ne saurions la rejeter… Jésus nous a donné trop de preuves de son savoir… Il nous a donné trop de preuves de sa connaissance de Dieu, trop de preuves de son amour pour pouvoir nous tromper... Alors c'est en toute assurance, avec confiance, avec une foi éclairée et affermie, que toute à l'heure nous proclamerons notre Credo, notre foi en Dieu, Père, Fils et Esprit.

     

     

     

              Cette certitude de foi, si elle est vécue, peut changer le cours de notre vie... A la fin de cette messe, nous sortirons de l'église pour être, par nos paroles et nos actes, des témoins de Dieu, des images de Dieu.

     

     

     

              A l'image du Dieu Père, nous serons des créateurs, nous participerons à son œuvre créatrice en bâtissant l'église, en construisant le monde. A l'image du Dieu-Fils, nous serons des sauveurs et des libérateurs pour nos frères… Avec lui nous retrouverons le sens et le dignité pour la vie de l'homme… avec Lui, nous pourrons vaincre notre péché, lutter contre le péché du monde, dépasser la mort et déboucher sur la vie éternelle. A l'image du Dieu-Esprit, nous serons des rassembleurs pour nos frères... avec Lui, nous serons des êtres de communion, des artisans de paix, des bâtisseurs d'amour… La fête de la Trinité, une grande fête qui peut changer notre vie.

     

     

     

                                                                      Frank HAUDEBOURG

     


    votre commentaire
  •  

    AVEC L.C.E. - PAROISSE LA MONTAGNE – 28 Février 2016

                                                3ème Dimanche de carême (C ) - (Luc 13,1-9)

      

                                                   « DIEU, LA SOUFFRANCE ET L'HOMME . » 

     

              L'homme, la femme, l'enfant qui souffre finit par crier. Et quand on souffre on veut en connaître les causes, voire dénoncer, sinon le coupable, du moins le responsable.

     

              Depuis toujours l'homme qui souffre et qui ne comprend pas pourquoi il souffre accuse souvent Dieu, dont on vante trop souvent « la toute puissance» : Il ferait donc souffrir ou le permettrait, de toute façon, Il n'empêche pas la souffrance. « Où donc est Dieu ?  Ou bien Il existe et alors Il est impuissant et insensible ? Ou bien encore Il n'existe pas ! «  entendons-nous !. Les textes de la Parole de Dieu entendus à l'instant prennent en compte toutes ces questions, alors arrêtons-nous avec un regard de foi, et en même temps un grand respect face non pas à la souffrance, mais vis-à-vis des personnes qui souffrent. Souvent, face à la souffrance, le silence est plus éloquent que les longs discours, cependant Jésus à travers les textes entendus en ce dimanche, nous livre 5 messages :

     

              Dieu ne punit pas – Dieu est du côté de celui qui souffre – Dieu est patient

     

              L'homme qui souffre crie – ne le faisons pas taire -

     

              l'homme est appelé à se convertir. 

     

              LE PREMIER MESSAGE :DIEU NE PUNIT PAS 

     

              Les compatriotes de jésus l'interrogent à partir de deux évènements qui ont fait l'actualité : le massacre de Galiléens, et la mort de 18 personnes suite à la chute de la tour de Siloë.

     

              Les interlocuteurs de Jésus y voient une punition de Dieu à cause de leurs péchés : « Où voyez-vous, leur dit Jésus, que ces victimes étaient plus pécheurs que les autres ? « 

     

              Refusons une fois pour toutes cette caricature de Dieu, d'un Dieu qui semblerait se venger lorsque l'homme se détourne de Lui. On a trop souvent dit : « c'est le Bon Dieu qui t'a puni « 

     

    Si Dieu était cet être suprême qui punit, il faudrait être athée. 

     

     

              LE SECOND MESSAGE : DIEU EST DU CÖTE DE CELUI QUI SOUFFRE.

     

              Avez-vous bien retenu les paroles de Dieu adressées à Moïse sur la montagne : « J'ai vu, oui j'ai vu la misère de mon peuple qui est en Egypte, et j'ai entendu ses cris. ». Dieu n'est donc pas du côté des Egyptiens qui font souffrir, Il est du côté de ceux qui sont écrasés, bafoués dans leur dignité.

     

              Qui peut dire que Dieu est insensible, loin, indifférent ?        

     Dans l'Evangile que nous donne à voir Jésus ? Le visage de quelqu'un qui est saisi de pitié, qui est « pris aux entrailles » par exemple devant une maman qui conduit son unique fils à sa dernière demeure, ou devant le tombeau de son ami Lazare. Jésus ne se contente pas d'avoir pitié, Il agit : Il guérit, Il relève, Il console.

     

    Notre Dieu est un Dieu qui « compatit», qui « souffre-avec » et si Dieu ne compatissait pas Il serait une idole immobile qu'il faudrait brûler ou démolir.

     

      

              LE TROISIEME MESSAGE : DIEU EST PATIENT/

               C'est ce que Jésus veut dire à travers la petite parabole du figuier. La première réaction devant un figuier qui ne produit plus de fruits, c'est bien sûr de l'arracher « Non, répond le vigneron, laissez-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier, peut-être donnera-t-il des fruits à l'avenir. » il ne faut jamais désespérer. Mais attention l'espérance ne sollicite pas l'inaction : « le vigneron bêche et met du fumier » il n'est pas passif.

     

    Telle est la patience de Dieu, si Dieu n'était pas patient, Il ne serait pas ce Père qui espère en l'homme.

      

              LE QUATRIEME MESSAGE : L'HOMME QUI SOUFFRE CRIE, NE LE FAISONS PAS TAIRE.

      

              Parfois l'homme est responsable de son malheur : celui qui fume, risque plus que d'autres de souffrir d'un cancer, celui qui ne respecte pas le code de la route met en danger sa propre vie et la vie des autres. Mais combien de souffrances et de malheurs dont l'homme n'est ni responsable, ni coupable ! Alors, ils crient, ces boiteux, ces lépreux, ces exclus, Jésus c'est arrêté, les a écoutés et a répondu à leurs cris. Il ne leur a pas demandé de se taire au contraire.

     

              Ne nous mettons pas un bâillon devant notre bouche lorsque nous souffrons. N'hésitons pas à crier, et puis ne faisons pas taire ceux qui crient parce qu'ils souffrent. C'est vrai que le cri est dérangeant, mais encore une fois celui qui crie à bien souvent ce seul langage pour appeler et être consolé. De même Jésus, au moment de les quitter, leur recommandera de guérir les malades. Jamais Jésus n'a bêtifié la souffrance, ni ne l'a justifiée, Il l'a combattue et nous a demandé de la combattre.

     

    Oui, crions et laissons crier ceux qui souffrent, combattons la souffrance.

      

              LE CINQUIEME MESSAGE : L'HOMME EST TOUJOURS APPELE A SE CONVERTIR.

     

               A ceux qui veulent trouver des coupables aux deux catastrophes qui se sont passées à Jérusalem et à Silöe, Jésus répond : « si vous ne vous convertissez pas, vous périrez ».

     

               Alors, si nous nous sentons bien impuissants devant des malheurs qui nous atteignent, il est en notre pouvoir de décider de revenir vers Dieu, et le temps du carême est un temps favorable pour cela. Le pire des malheurs, nous dit Jésus, c'est de nous éloigner de son Père, c''est vouloir vivre sans Lui, sans son aide, en refusant de l'aimer et d'aimer nos frères, lorsque nous nous bouchons les oreilles.

     

              Oui, revenons vers Dieu et alors nous vivrons.

      

    Frères et sœurs, retiendrez-vous les cinq messages ? Je vous les rappelle :

      

              Dieu ne punit pas – Dieu est du côté de celui qui souffre – Dieu est patient

     

        L'homme qui souffre crie, ne le faisons pas taire, combattons la souffrance et enfin l'homme est appelé à se convertir.

     

                                                                         Frank HAUDEBOURG  

     


    votre commentaire
  •  

    EXPOSÉ DU PÈRE LIMOUZIN SUR L’ONCTION DES MALADES LORS DU PÈLERINAGE L.C.E. 2015

     

             Nous entrons dans le moment de l’ultime préparation de l’onction des malades. Vous avez dû déjà voir avec quelqu’un de votre paroisse la richesse de ce sacrement que vous donne le Christ par l’Eglise.

     

             Le thème de notre pèlerinage : Lourdes, la joie de la mission nous fait entrer tout naturellement dans ce sacrement, le toucher de Jésus sur le malade pour la guérison de son corps et de son cœur. A Lourdes, Marie nous conduit tout naturellement à laisser le Christ agir en nous et le fait de désirer grandir dans la relation à son fils ne peut que nous conduire à la joie et à vivre, et annoncer les fruits que produit en nous cette présence de Jésus. Nous sommes dans la joie de lui appartenir et nous voilons le faire savoir. Cette joie profondément intérieure d’être touché par le Christ ne peut aussi que s’extérioriser par la joie sur nos visages, et nos paroles tant elle est forte en nous. Nous ne pouvons cacher ce qui fait notre bonheur, notre force, notre réconfort… Nous aurons à dire que le Christ est le plus fort pour nous aider à combattre le mal de la maladie, de nos faiblesses humaines. C’est lui qui sauve.

     

             Pèlerin de la terre et du ciel, n’oublie pas ta condition de marcheur d’éternité, avance avec courage sur le chemin de l’Evangile, fait de joie, d’effort, de lumière, de souffrance parfois. La Parole de Dieu que nous recevrons cet après-midi pour la célébration, nous orientera vers les autres et à reconnaître le Christ en eux : « Ce que vous avez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait. » Nous nous porterons les uns les autres, nous retrouverons la confiance et nous pourrons aller de l’avant pour annoncer la joie de la guérison.

     

             Voilà ce que Jésus va réaliser en chacun de vous qui demandez le sacrement de l’onction des malades.

     

    Quelle doit être notre attitude ce matin ?

     

             Jésus est là aujourd’hui pour nous regarder chacun, tel qu’il est, avec ce qu’il vit, ce qu’il porte en lui-même. Jésus vient nous dire : chacun compte pour moi, chacun a du prix parce qu’il est une personne.

     

             Il a porté la souffrance, la croix des malades et il en a relevé quelques-uns. Il a souffert avec les possédés de l’esprit mauvais, et il les a chassés. Il a touché le corps, les yeux, les oreilles, Il a délié la langue. Il les a remis debout ceux qui ont eu foi en lui et qui se sont tournés vers lui et lui ont crié : Seigneur, je n’en peux plus… au secours. Il prenait déjà sur lui toute la vie heureuse et douloureuse de ces personnes.

     

             Dans le regard qu’il porte sur chacun de nous, Jésus vient à nous aujourd’hui, mais plus particulièrement sur vous, personnes souffrantes. Il vous regarde et il vous aime, tel que vous êtes. De sa croix, il vous regarde et vous offre de prendre la vôtre avec vous.

     

             Notre cœur, notre corps sont là en attente, car en chacun d’eux, il y a de l’amour, de la souffrance, de l’angoisse, de la peur… Il y a des questions : pourquoi moi, encore moi, je n’en puis plus… Il y a des cris.

     

             Je viens là pour recueillir la vie, la force du Christ qu’il va offrir en ce jour, dans le sacrement de l’onction des malades. Votre corps, votre cœur ont beau être bien fragiles, ébranlés en raison des souffrances, angoisses, inquiétudes, vieillissements, doutes, manque de confiance,… votre démarche c’est de venir vous présenter au Christ Sauveur… car c’est lui qui guérit le mal qui nous empêche de vivre, et ce que vous ne pouvez être, même pas faire vous-mêmes, d’autres sont là pour vous porter et vous présenter à Jésus. Il s’agit bien d’une démarche personnelle, d’une démarche que vous faites à l’Eglise. Car c’est elle qui vous donne de rencontrer l’amour, la tendresse, la miséricorde et l’amitié infaillible du Seigneur Jésus.

     

    C’est quoi l’onction des malades ?

     

             L’onction des malades est un sacrement, c’est-à-dire une action de Jésus aussi vraie, aussi puissante, aussi efficace que lorsque Jésus, sur les routes de Palestine, rencontrait les personnes souffrantes et les guérissait. C’est un acte de foi en Jésus ressuscité et c’est cela le mystère pascal. Oser se plonger dans l’eau de l’amour, de la miséricorde de Jésus, ça remet debout, ça donne envie de repartir, de se remettre à la suite du Christ pour continuer son chemin.

     

             Sur les chemins de Palestine, Jésus a rencontré des aveugles, des paralysés, des sourds et il les a relevés en les guérissant. Notre désarroi, notre souffrance peut être grande, nous pouvons sentir la faiblesse de notre foi, alors il nous faut crier vers Jésus : « Jésus, au secours, soulage moi, fais grandir ma foi, viens au secours de mon incrédulité. » Quelque soit notre foi aujourd’hui, même très faible, Jésus nous accueille toujours, car il nous montre son intérêt, son attention pour les plus démunis et les pauvres de cœur.

     

             Jésus ne s’adresse pas à un groupe sélectionné, non, mais au peuple de ceux qui peinent, pleurent et souffrent. A ceux-là, Jésus offre son cœur ouvert sur la croix, ses bras grands ouverts et il propose l’admirable échange, un échange de fardeaux. Il prend les nôtres et les met sur ses épaules… Avec nous il porte les fardeaux, avec nous il porte ce qui nous fait ployer. Nous ne sommes plus seuls. Le fardeau devient plus léger, car c’est la compassion du cœur de Dieu qui est en nous, et qui y demeure. C’est tout cela le sacrement de l’onction des malades.

     

             Les prêtres qui seront là seront alors le signe visible que c’est bien Jésus qui vient vous rencontrer et qui vous touche. Les gestes des prêtres seront bien les gestes du Christ, car ils agiront au nom du Christ, comme lui.

     

             Pour chacun de nous, la vie est un tout. Elle est succession d’évènements qui comporte des moments de joie, de bonheur, des heures de souffrance, d’angoisse, de solitude et tout est relié l’un à l’autre par la communion d’amour, le lien fraternel, le partage. Nous avançons les uns liés aux autres.

     

             La visite que vous recevez, le coup de téléphone qui vous est envoyé, cette visite que vous n’attendiez pas, cette carte ou cette lettre qui vous arrive d’un pays lointain ou de tout près, considérez-les comme un cadeau de Dieu, de la part de ceux qui vous portent dans leur cœur et dans le Seigneur. Ils sont la main du Seigneur qui vous rejoint, ils sont le regard du Christ qui vous sourit, qui vous est offert. Une question qui me hante, l’angoisse qui me tourmente… partage-la avec celui qui te visite ; il est le regard, la parole du Seigneur qui te rejoint pour te réconforter.

     

    Comment ça se passe ?

     

             Quels sont les signes et les gestes du sacrement qui vont exprimer tout cela et vous redonner espoir pour vivre et pour continuer la route ?

     

    1. Le premier geste sera celui de l’imposition des mains : la main exprime les gestes de tendresse, de compassion – se donner la main pour faire une chaîne d’amitié, se tenir la main, caresser…- Jésus l’a fait tellement souvent sur toutes les personnes qu’il a rencontrées et qui ont crié vers lui : ça nous dit bien que c’est Jésus qui accueille. C’est à la fois un geste de paix et de supplication. Ce geste  se fait dans le silence, un geste qui nous invite à entrer dans cette rencontre avec Jésus.

               L’imposition des mains, c’est la demande tout intérieure à l’Esprit, l’Esprit de Jésus, l’Esprit envoyé par le Père, une demande pour qu’il nous envahisse, qu’il nous remplisse de force, de paix, de foi, d’espérance. Nous accueillons ce geste avec notre propre silence intérieur, nous présentant à l’Esprit tels que nous sommes, avec nos souffrances, nos peurs, nos espoirs et toute notre volonté de vivre, et tout cela est différent pour chacun, chacune.

       

    2. Ensuite les prêtres descendront vers vous pour déposer sur votre front et dans vos mains l’huile des malades bénie par l’évêque en la fête de Pâques. (Il prend contact avec vous par un sourire, une parole échangée et vous lui répondez aussi par un sourire… il faut qu’un lien s’établisse entre vous deux.)

       

               Cette huile signifie la présence active du Christ-ressuscité avec toute la puissance donnée par son Esprit. L’huile nous dit la douceur et la force. Elle me dit la délicatesse de Jésus qui rejoint mon corps, ce corps malade, fatigué, ce corps qui lutte, ce corps qui veut vivre. Jésus, par l’onction des prêtres, touche mon corps, tout moi-même, tout mon être. Ce corps qui peine à vivre est touché, pénétré par la force de l’Esprit de Dieu. Cette action de Jésus m’atteint au plus profond de moi-même, de toute ma vie, au moment où le prêtre dit : « X, par cette onction sainte, que le Seigneur, en sa grande bonté, vous réconforte par la grâce de l’Esprit Saint. » et vous lui répondez AMEN, oui, c’est vrai, je le crois.

       

               X, je suis nommé par mon prénom, comme au jour de mon baptême, de ma confirmation ; c’est une rencontre personnelle et en déposant l’huile dans vos mains ouvertes, il continuera en disant : « Vous ayant ainsi libéré de tous vos péchés, qu’il vous sauve et vous relève. » et vous lui répondez AMEN, oui, je suis d’accord, je le crois.

       

               Cette action est une action purificatrice : « libéré de tout péché », voilà bien la réalité, « pardonne-nous, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés » c’est bien le pardon qui m’est donné, Jésus ne fait pas les choses à moitié. Je suis libéré, renouvelé, je retrouve une nouvelle force spirituelle, physique. De toute façon, il me comble du meilleur pour moi. Il n’y a pas nécessité de recevoir le sacrement du pardon avant et encore moins sitôt après. La parole du prêtre est efficace, c’est bien le pardon. Il est toujours possible, bien sûr, de rencontrer un prêtre, une religieuse ou quelqu’un d’autre qui soit ami, ça peut m’aider à un nouveau regard plus personnel sur moi-même, sur ma vie spirituelle.

       

    3. « qu’il vous relève » voilà, je suis invité à reprendre la route, cette route épuisante, douloureuse, mais la reprendre comme une personne debout, redynamisée, qui repart avec courage et espérance avec la force et la présence de Dieu. Un peu comme Bernadette pour qui la sainteté n’était pas d’être parfaite, sans faiblesse, mais d’accepter de faire route avec Dieu, de marcher avec lui, d’accepter que Dieu soit notre compagnon de route… « baptisés, nous avons revêtu le Christ » nous dit St Paul.

       

               Le sacrement donné, il reste un moment exceptionnel encore, c’est celui de l’affection manifestée par un baiser, une accolade, un sourire, un mot qui sera bien au-delà de tout mot ; ce sera vraiment un moment de tendresse partagée comme le Christ, un moment d’intimité où toute l’assemblée, là, présente, signifie que L.C.E. est une immense famille, une immense chaîne de tendresse, d’amitié au long des jours qui se succèdent et plus fortement, lorsque c’est plus dur à vivre, lorsque l’espérance risque de s’estomper.

       

               Rappelons-nous la parole du livre des Lamentations (3/30) : « Voici ce que je vais me remettre en mémoire, ce pourquoi j’espérai : les bontés du Seigneur ! Elles ne sont pas finies ! Ses tendresse ne sont pas achevées Elles sont neuves tous les matins. Grande est ta fidélité ! Ma part, c’est le Seigneur, me dis-je, c’est pourquoi j’espérai en lui. »

       

               Pour vous, hospitaliers, hospitalières qui accompagnez, soyez porteur de la personne qui vous est donnée comme les porteurs du paralysé de l’Evangile qui ne pouvait venir seul – ses amis l’ont porté à Jésus – et pour nous tous qui entourons nos amis, atteints dans leur cœur et dans leur corps, je veux vous dire que participer à l’onction des malades n’est pas seulement un grand moment d’émotion partagée, c’est pour chacun d’entre nous, renouveler notre volonté de présence et d’accompagnement en ce moment mais aussi out au long de l’année avec eux et vivre ensemble l’espérance et l’amitié.

       

               Pour ceux qui ont reçu ce sacrement de l’onction des malades, l’an dernier, ou moins de 3 ans, si la maladie ne s’est pas accentuée, revivez cette célébration en la réactualisant pour vous, revivez, entrez dedans, pas seulement dans le souvenir, mais en pensant très fort à cette grâce que Jésus vous a donnée, dont il vous a comblé et croyez qu’elle demeure active encore en vous, ce sera un nouveau départ, car la grâce du sacrement demeure plus loin que l’instant présent.

       

               Alors, ensemble frères et sœurs, avançons à la rencontre de Jésus-Christ.

       

      Témoignage : « Lorsque j’ai reçu le sacrement de l’onction des malades, j’ai ressenti une grande force en moi ; j’ai ressenti ce qui me permet depuis de marcher et de mieux comprendre ce que le Seigneur attende de moi : une espérance qui me fait découvrir que je suis utile, même avec ma maladie, mon handicap ; que je suis à ma place là où je suis. J’ai découvert que je suis aimée de Dieu, qu’il est toujours là, près de moi. » Hélène.

      


    votre commentaire
  •  

    HOMELIE DE NOTRE AUMONIER LE PERE HAUDEBOURG LORS DE LA JOURNEE TRIMESTRIELLE A AVESSAC LE 8/11/2015.

     

                « Un appel à donner sans doute, un appel à donner sûrement. »

      

                Quand on a si peu pour survivre, c’est folie que de tout donner !... Jésus ne devrait-il pas plutôt critiquer l’attitude de la pauvre veuve qui donne trop ? En fait Dieu en son Temple n’a besoin de rien… C’est vrai quoi, nous ne sommes pas à la banque mais au Temple.

     

                Dans le Temple, ce matin-là, Jésus regarde les gens qui mettent de l’argent dans le tronc, face à la salle du trésor. Il aurait pu regarder l’architecture des lieux, il aurait pu enseigner, il aurait pu prier. Non, il regarde les gens qui mettent de l’argent dans le tronc. On entend tomber les lourdes pièces d’or et d’argent. Il y a des riches qui sont généreux, Jésus reste silencieux.

     

                Et voici qu’arrive une pauvre veuve, elle tient deux piécettes au bout de ses doigts, elle ne fait pas de bruit, elle donne puis d’éloigne en silence. Cette veuve, dont on ne sait rien, on ne connaît même pas son nom, cette veuve ignore que Jésus l’observe. En glissant ses deux petites pièces de monnaie au milieu des grosses sommes déposées par les riches, elle exprime sa totale confiance en son Dieu. Son trésor à elle, c’est sa foi, son humilité. C’est surtout l’offrande de sa vie : « Elle a mis tout ce qu’elle avait pour vivre. »

     

                En contraste, les riches offrent au vu de tous, des sommes d’argent imposantes, mais pourtant ils ne donnent qu’un peu de leur superflu. Pour Jésus, ils ne donnent quasiment rien ! Contrairement à la pauvre veuve, ils ne donnent rien de leur vie. Ils ne se dépossèdent pas. Le Temple n’a somme toute pas de prise sur eux. La pauvre veuve, elle, a mis dans le tronc plus que tout le monde, dit Jésus.

     

                Quel sens peut avoir pour nous cet Evangile ce matin ?

      

                Vous savez comme moi que les appels aux dons se multiplient pour toutes les causes possibles et imaginables. Ils suscitent les plus diverses générosités. Réjouissons-nous et encourageons-les. Les besoins de notre monde sont tellement immenses et la solidarité est mise à rude épreuve.

     

                Mais attention, même si la multiplicité de ces appels peut interroger : « à qui et pourquoi donner ? Cela arrivera-t-il au bon destinataire ? » Ne laissons pas les interrogations, la lassitude ou la fermeture de notre cœur éliminer notre capacité à répondre avec générosité.

     

                L’appel au don est toujours une invitation au dépassement de nous-mêmes, non pour nous donner bonne conscience, mais pour vivre la solidarité au cœur de la joie de l’Evangile.

     

                Utopie ? Peut-être, mais combien proche des messages du Saint-Père, proche aussi de l’Evangile qui aura toujours la saveur du Magnificat et des Béatitudes.

     

                Entre : le « donner toute sa vie » de la veuve et le « donner de son superflu » des riches peut-on vraiment comparer ?

     

                L’Evangile d’aujourd’hui est un appel à donner sans doute, un appel à se donner (à Dieu et à nos frères) sûrement.

     


    votre commentaire