• Homélie du Père Frank Haudebourg à la journée trimestrielle du 25/02/2016

     

    AVEC L.C.E. - PAROISSE LA MONTAGNE – 28 Février 2016

                                                3ème Dimanche de carême (C ) - (Luc 13,1-9)

      

                                                   « DIEU, LA SOUFFRANCE ET L'HOMME . » 

     

              L'homme, la femme, l'enfant qui souffre finit par crier. Et quand on souffre on veut en connaître les causes, voire dénoncer, sinon le coupable, du moins le responsable.

     

              Depuis toujours l'homme qui souffre et qui ne comprend pas pourquoi il souffre accuse souvent Dieu, dont on vante trop souvent « la toute puissance» : Il ferait donc souffrir ou le permettrait, de toute façon, Il n'empêche pas la souffrance. « Où donc est Dieu ?  Ou bien Il existe et alors Il est impuissant et insensible ? Ou bien encore Il n'existe pas ! «  entendons-nous !. Les textes de la Parole de Dieu entendus à l'instant prennent en compte toutes ces questions, alors arrêtons-nous avec un regard de foi, et en même temps un grand respect face non pas à la souffrance, mais vis-à-vis des personnes qui souffrent. Souvent, face à la souffrance, le silence est plus éloquent que les longs discours, cependant Jésus à travers les textes entendus en ce dimanche, nous livre 5 messages :

     

              Dieu ne punit pas – Dieu est du côté de celui qui souffre – Dieu est patient

     

              L'homme qui souffre crie – ne le faisons pas taire -

     

              l'homme est appelé à se convertir. 

     

              LE PREMIER MESSAGE :DIEU NE PUNIT PAS 

     

              Les compatriotes de jésus l'interrogent à partir de deux évènements qui ont fait l'actualité : le massacre de Galiléens, et la mort de 18 personnes suite à la chute de la tour de Siloë.

     

              Les interlocuteurs de Jésus y voient une punition de Dieu à cause de leurs péchés : « Où voyez-vous, leur dit Jésus, que ces victimes étaient plus pécheurs que les autres ? « 

     

              Refusons une fois pour toutes cette caricature de Dieu, d'un Dieu qui semblerait se venger lorsque l'homme se détourne de Lui. On a trop souvent dit : « c'est le Bon Dieu qui t'a puni « 

     

    Si Dieu était cet être suprême qui punit, il faudrait être athée. 

     

     

              LE SECOND MESSAGE : DIEU EST DU CÖTE DE CELUI QUI SOUFFRE.

     

              Avez-vous bien retenu les paroles de Dieu adressées à Moïse sur la montagne : « J'ai vu, oui j'ai vu la misère de mon peuple qui est en Egypte, et j'ai entendu ses cris. ». Dieu n'est donc pas du côté des Egyptiens qui font souffrir, Il est du côté de ceux qui sont écrasés, bafoués dans leur dignité.

     

              Qui peut dire que Dieu est insensible, loin, indifférent ?        

     Dans l'Evangile que nous donne à voir Jésus ? Le visage de quelqu'un qui est saisi de pitié, qui est « pris aux entrailles » par exemple devant une maman qui conduit son unique fils à sa dernière demeure, ou devant le tombeau de son ami Lazare. Jésus ne se contente pas d'avoir pitié, Il agit : Il guérit, Il relève, Il console.

     

    Notre Dieu est un Dieu qui « compatit», qui « souffre-avec » et si Dieu ne compatissait pas Il serait une idole immobile qu'il faudrait brûler ou démolir.

     

      

              LE TROISIEME MESSAGE : DIEU EST PATIENT/

               C'est ce que Jésus veut dire à travers la petite parabole du figuier. La première réaction devant un figuier qui ne produit plus de fruits, c'est bien sûr de l'arracher « Non, répond le vigneron, laissez-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier, peut-être donnera-t-il des fruits à l'avenir. » il ne faut jamais désespérer. Mais attention l'espérance ne sollicite pas l'inaction : « le vigneron bêche et met du fumier » il n'est pas passif.

     

    Telle est la patience de Dieu, si Dieu n'était pas patient, Il ne serait pas ce Père qui espère en l'homme.

      

              LE QUATRIEME MESSAGE : L'HOMME QUI SOUFFRE CRIE, NE LE FAISONS PAS TAIRE.

      

              Parfois l'homme est responsable de son malheur : celui qui fume, risque plus que d'autres de souffrir d'un cancer, celui qui ne respecte pas le code de la route met en danger sa propre vie et la vie des autres. Mais combien de souffrances et de malheurs dont l'homme n'est ni responsable, ni coupable ! Alors, ils crient, ces boiteux, ces lépreux, ces exclus, Jésus c'est arrêté, les a écoutés et a répondu à leurs cris. Il ne leur a pas demandé de se taire au contraire.

     

              Ne nous mettons pas un bâillon devant notre bouche lorsque nous souffrons. N'hésitons pas à crier, et puis ne faisons pas taire ceux qui crient parce qu'ils souffrent. C'est vrai que le cri est dérangeant, mais encore une fois celui qui crie à bien souvent ce seul langage pour appeler et être consolé. De même Jésus, au moment de les quitter, leur recommandera de guérir les malades. Jamais Jésus n'a bêtifié la souffrance, ni ne l'a justifiée, Il l'a combattue et nous a demandé de la combattre.

     

    Oui, crions et laissons crier ceux qui souffrent, combattons la souffrance.

      

              LE CINQUIEME MESSAGE : L'HOMME EST TOUJOURS APPELE A SE CONVERTIR.

     

               A ceux qui veulent trouver des coupables aux deux catastrophes qui se sont passées à Jérusalem et à Silöe, Jésus répond : « si vous ne vous convertissez pas, vous périrez ».

     

               Alors, si nous nous sentons bien impuissants devant des malheurs qui nous atteignent, il est en notre pouvoir de décider de revenir vers Dieu, et le temps du carême est un temps favorable pour cela. Le pire des malheurs, nous dit Jésus, c'est de nous éloigner de son Père, c''est vouloir vivre sans Lui, sans son aide, en refusant de l'aimer et d'aimer nos frères, lorsque nous nous bouchons les oreilles.

     

              Oui, revenons vers Dieu et alors nous vivrons.

      

    Frères et sœurs, retiendrez-vous les cinq messages ? Je vous les rappelle :

      

              Dieu ne punit pas – Dieu est du côté de celui qui souffre – Dieu est patient

     

        L'homme qui souffre crie, ne le faisons pas taire, combattons la souffrance et enfin l'homme est appelé à se convertir.

     

                                                                         Frank HAUDEBOURG  

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment



    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :